Mercredi 13 Avril 2011 à 12h35
Par camille, dans la catégorie : Autour du bio
Quel est vraiment l'intérêt de porter des vêtements bio?
Quelles sont les garanties qui protègent le consommateur maintenant que la grande distribution s'est engouffrée dans la brèche?
Le coton conventionnel (non bio) a un impact considérable sur l'environnement mais aussi sur les conditions de vie des travailleurs... et la production de coton, c'est environ 26 millions de tonnes par an,
- 20% des insecticides et 7% des pesticides utilisés dans le monde alors qu’il ne représente que 2,5% des surfaces cultivées.
- jusqu’à 30 traitements par an pour assurer sa culture
- entre 7000 et 29000 litres d'eau sont nécessaires pour produire 1 kg de coton (conséquence entre autres: assèchement de la mer Aral avec des impacts climatiques)
--->140 grammes de produits chimiques et 2700 litres d’eau consommés pour la fabrication d’un tee-shirt de 150 grammes.
- empoisonnement des paysans et conditions de travail déplorables (travail des enfants) pour lutter contre la concurrence (poids de la Chine et subventions des pays
- recours aux semences OGM qui ne peuvent se re-semer d'une année à l'autre avec pour conséquence l'endettemnt des paysans
- Impact sur la peau
Le blanchiment du coton exige fréquemment d’utiliser du chlore ou des azurants chimiques. La teinture du coton, elle, requiert souvent d’employer des métaux lourds comme du plomb ou du chrome, évidemment toxiques. On utilise aussi du formaldhéhyde pour rendre le vêtement infroissables, des phtalates, du pvc dans les traitements anti pluie ou les sérigraphies par exemple.
Même après de nombreux lavages, on trouve encore des résidus chimiques dans les vêtements.
- une culture sans pesticide ni engrais chimique, il est récolté à la main
- une rotation des cultures pour préserver les sols
- le coton biologique est moins gourmant en eau
- généralement le respect des règles du commerce équitable, pas de travail des enfants, juste rénumération des paysans producteurs
Le coton bio, c'est bien, mais ce n'est pas suffisant:
la grande distribution, des marques connues pour enfant (Jacadi, Petit Bateau, C&A, Vert Baudet...) proposent du coton bio
mais malheureusement rien ne dit que ce coton soit meilleur pour la peau de nos bébés.
Aucune garantie n'est donnée concernant:
- le traitement post récolte
- la teinture (pour moi, c'est comme manger une salade bio assaisonnée de vinaigrette achetée toute faite avec des colorants, additifs, conservateurs...)
- le blanchiment (généralement au chlore)
- et bien sûr, aucune garantie quant aux conditions de travail, rénumérations des paysans.
Ces grandes marques jouent sur le flou qui entoure les vêtements bio et profitent du consommateur désireux de consommer différemment et mieux.
Seul avantage à mon avis: la planète qui a été moins pollué lors de la culture de ce coton (en admettant qu'il soit vraiment bio, aucun certificat ne l'atteste, peut être que seule un faible pourcentage du vêtement est réellement bio).
Label créé en 2006 à l'initiative de différents organismes de certification nationaux afin de se regrouper derrière une norme commune, Ecocert les a rejoint depuis.
Le label contrôle l'ensemble des étapes de production, depuis la culture jusqu'à la pose de l'étiquette sur le vêtement, en passant par l'emballage et les conditions de travail, le recyclage des eaux usées.
Il certifie les tissus, vêtements, textile d'intérieur.
Concrètement:
- coton bio, pas d'ogm, le coton doit toujours être séparé du coton non bio pour ne pas être contaminé
- contrôle des teintures utilisées, des agents anti rétrécissement, blanchissage à l'oxygène (pas de chlore), sérigraphies sans pvc, phtalates, métaux lourds
- respect des critères sociaux pour les travailleurs
- respect des normes environnementales pour le recyclage des déchets, la consommation d'eau...
Les marques suivantes sur My Sweet Bio sont certifiés GOTS: la Queue du Chat, Serendipity, Frugi, Iobio
A notre avis: le label le plus complet actuellement disponible.

Créé à l'initiative de la communauté européenne, il concerne un certain nombre de produits ou services respectueux de l'environnement. Il existe une trentaine de référentiels selon le produit concerné.
L 'écolabel européen tient compte de l’ensemble du cycle de vie du produit, de l’extraction des matières premières nécessaires à son élaboration jusqu’à sa destruction. Il s’agit donc d’une approche globale qui considère l’ensemble des impacts environnementaux tels que la préservation de la biodiversité, les pollutions générées (sols, eaux, air, nuisances sonores, déchets… ), l’utilisation des ressources.
label allemand attestant de la non toxicité des produits certifiés pour l'homme.
Aucune garantie quant à l'origine biologique des matières 1ères.
Les exigences varient en fonction de la destination du produit (bébé de moins de 3 ans, vêtements en contact direct avec la peau etc) mais surveillent les résidus de métaux lourds, pesticides, colorants, tenue des couleurs...
De nombreux tissus sont certifiés Oeko tex, par exemple le liberty, les teintures utilisées ont aussi souvent le label Oeko tex.
Oeko tex a récemment élargi ses labels pour prendre en compte les critères de commerce équitable et l'établissement où est produit le vêtement.
Conclusion pratique: un vêtement en coton bio ET certifié Oeko tex, c'est bien (par exemple le fabricant suédois Boob de vêtements d'allaitement).
Un vêtement certifié Oeko tex n'est pas forcément bio.
De nombreux fabricants de couches lavables qui utilisent des matières synthétiques (pul, microfibre) sont certifiés oeko tex.
Les petits créateurs de vêtements bio choisissent des tissus biologiques certifiés Gots ou Oeko tex; Lucien Zazou par exemple ne sélectionne que des tissus bio et Oeko tex classe 1 (le plus exigeant puisque destiné aux enfants de moins de 3 ans), cette information est difficile à obtenir, seul le partenariat avec le fournisseur et la confiance mutuelle permette d'atteindre ce niveau de détail. Le certificat remis par Oeko tex au fabricant de tissu contient l'information du numéro de classe.
Les vêtements de la collection My Sweet Bio sont produits avec des tissus fabriqués en Inde et certifiés Gots. Ils sont produits en France.
Les petits créateur ne peuvent apposer le label sur l'étiquette du produit fini car l'ensemble des étapes de production devraient alors être contrôlées et une redevance chère être payée à l'organisme certificateur.
Le prix des vêtements bio?
Personnellement, j'ai maintenant mauvaise conscience d'acheter des t shirts dans des grandes chaines pour quelques euros, aucune garantie ne nous est donnée quant aux conditions de travail, de production...
Il vaut mieux acheter moins, mieux traiter les vêtements, les passer d'un enfant à l'autre y compris à es amis, cousins...
On se rend compte qu'on achète finalement trop, et donc trop cher.
Quand on voit la liste des ingrédients bannis par les labels, on peut légitimement s'inquiéter sur ce qu'on met sur le dos de nos enfants quand le vêtement n'est pas bio... quelle que soit sa marque car le prix ne change rien à l'affaire.
Qu'en pensez-vous???